Article paru dans l'édition du Mauricien du mardi 6 avril 1999
Jardin de Pamplemousses
Le retrait immédiat du SSR Botanical Garden Trust Bill réclamé
Le Groupe National de Vigilance (GNV) demande, dans un communiqué de presse, au ministre de l'Agriculture Arvind Boolell le retrait immédiat du SSR Botanical Gardens Bill de l'Assemblée Nationale. Le GNV, par la voix de Yves Pichen et de Rajni Lallah, estime que "le Trust Fund du ministre Boolell ouvre la porte à la privatisation-mercantilisation du jardin botanique de Pamplemousses". Le GNV réclame un débat national sur les moyens de protéger le patrimoine national, l'espace public et naturel. A la place d'un Trust Fund, le GNV propose la constitution d'"une structure publique et démocratique" composée de botanistes, de jardiniers professionnels, de représentants du conseil de village de Pamplemousses, de représentants de syndicats de travailleurs du jardin et d'associations de défense de l'espace naturel et public. "Nous pensons que le jardin de Pamplemousses doit être géré par une institution publique avec des fonds publics", disent les animateurs du GNV. Le GNV propose que le secteur privé touristique contribue à ce fonds.
Le GNV note que le ministre de l'Agriculture, malgré ses déclarations publiques, ne prend pas en considération les propositions du GNV et l'étude réalisée sur le jardin de Pamplemousses par le paysagiste français Gilles Clément, et qu'il persiste à présenter le SSR Botanical Gardens Bill au Parlement. Selon le GNV, le Trust Fund prévu par le projet de loi est "un moyen pour le gouvernement de se laver les mains et de se dégager de toute responsabilité à propos du jardin de Pamplemousses". Le GNV note que le projet de loi permet au ministre de morceler le jardin, de louer ou de vendre des portions de terre du jardin, de même que des arbres ou n'importe quel objet de valeur historique. Il accorde aussi au ministre le pouvoir d'introduire des fees and charges pour visiter le jardin ou pour résider dans le jardin, ce qui ouvre la voie, selon le GNV, à la construction d'hôtel touristique sur le site. Si le Trust Fund est approuvé par le Parlement, le Board aura le droit de licencier les travailleurs affectés au jardin et qui ont une expérience irremplaçable dans l'entretien du jardin ou de modifier les conditions de travail et de salaire, relève le GNV.
Le GNV estime que si la gestion du jardin est confiée à un Trust, le jardin ne bénéficiera pas d'une partie du budget national mais seulement d'une simple allocation, et que sa gestion financière ne sera pas soumise au contrôle démocratique du Parlement. Le GNV rappelle que lors d'une conférence publique le 26 mars dernier, le paysagiste Clément avait souligné l'aspect public du jardin et il a suggéré qu'une taxe sur les billets d'avion ou d'aéroport soit perçue des touristes pour financer l'entretien des espaces naturels et publics. M. Clément avait aussi observé, rappelle le GNV, qu'il ne fallait pas morceler le jardin, mais laisser au jardin sa qualité botanique et que les activités d'hôtellerie et de commerce devraient être exclues. Le GNV rappelle que le paysagiste avait suggéré que l'entretien du jardin soit confié à des employés du gouvernement et que le jardin fasse partie d'un réseau à travers le monde pour développer son aspect botanique.
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