Désireux de se reposer enfin au sein des siens, fort aisé financièrement de surcroît, Pierre Poivre envisage de finir ses jours à Lyon ou dans ses environs : "Or, il n'est bon bourgeois de Lyon qui ne possède sa vigne à Couzon" et c'est auprès de cette localité que son frère Denis lui découvre le 12 mars 1758 la propriété de ses rêves : "une maison de maître avec communs au sein de près de cent hectares de bons pâturages, de vergers et de vignes, disposant de grandes possibilités d'arrosage par la possibilité de capter l'eau au de-là du chemin de Couzon à Lyon pour arroser, faire des jets d'eau, des réservoirs et des bassins".(La Freta)
Pierre Poivre avant d'y habiter commande alors de nombreux travaux. Soufflot qui termine alors son grand séjour à Lyon en sera l'ordonnateur, laissant à un de ses élèves le soins de l'exécution.
En fin de travaux, deux terrasses plantées d'arbres fruitiers domineront la Saône et une longue allée plantée d'arbres masquant sur sa rive droite les communs riches d'une belle écurie et de pressoirs et de cuves pour le vin, amènent à la maison du maître. Trois bassins avec eaux jaillissantes s'entourent de parterres à la française. L'allée aboutit enfin à un vaste miroir d'eau semi-circulaire orné de statues. Deux d'entre elles sont attribuées à Soufflot, un Apollon nu et une Vénus sortant du bain avec à ses côtés le jeune Eros.
Au pied du bois, Poivre surveille l'acclimatation des espèces exotiques arborescentes parvenues en France et leur fructification, il y amènera nombre de plantes rares, et l'on montre encore aujourd'hui certains spécimens plantés par Poivre ou ses descendants, notamment un GINKGO BILOBA, l'arbre aux cent écus ainsi nommé parce que Louis XV aurait consenti pour son transfert en France à une dépense de cent écus. Mais une autre tradition veut qu'on appelle cet arbre très haut, très beau et increvable malgré le froid et le gel, l'arbre aux écus d'or étant donné la couleur de ses feuilles en automne,! Je laisse le soin au lecteur de choisir entre les deux versions ! (l)
La maison qu'habita Poivre était simple, mais vaste : elle est de deux étages et dans chacun trois grandes chambres et deux plus petites, au rez-de-chaussée, vestibule, cuisine, grand et petit salons, ainsi que la salle à manger. Et comme à toute demeure il faut une maîtresse de maison, il épouse une jeune lyonnaise, Françoise Robin de trente ans de moins que lui (!). Elle lui donnera trois enfants.
Cet arbre magnifique était au XV ème et XVI ème siècle considéré comme sacré par les Chinois et les Japonais dont ils entouraient les temples. Il est présent aujourd'hui dans beaucoup de nos villes, à Paris notamment : place d'Iéna (16ème), avenue des Champs Elysées (8ème), avenue Foch (16ème), dans le palais des Comtes de Saint Senoch (17ème).
Ses feuilles sont caduques et d'un très beau jaune d'or en automne justifiant, à elles seules, son surnom d'arbre aux écus d'or. Elles sont en forme d'éventail bilobé.
L'extrait de concentré de feuilles de GINKGO BILOBA est un vasodilatateur des artères et des veines. Il est employé en médecine, et notamment en homéopathie.
P.S. Il y aura bientôt des photos disponibles... dès que les photos seront dévelopées!...
L'immeuble où vécut POIVRE à la Freta a disparu à la fin du XIX ème siècle. Un affaissement de terrain provoqué par les travaux de la tranchée du chemin de fer de Paris à Lyon l'ayant dangereusement lézardé et rendu inhabitable. La superficie de la propriété actuelle à d'autre part été réduite à 3 hectares.
Cette demeure se situe actuellement sur la commune de Saint-Romain au Mont d'Or.
Copyright © 1996-1999 par David Vernazobres. Tous droits réservés.
Copyright © 1996-1999 by David Vernazobres. All rights reserved.